INERTIE DES SACHETS PLASTIQUES
I/- INTRODUCTION:
A l’aube de ce troisième millénaire, le secteur de l’agro-alimentaire représente un marché où le consommateur achète, dans la plupart des cas, des produits alimentaires contenus dans des sachets en plastique.
Puis, en raison de l’extension de l’emploi des sachets plastiques et l’apparition de nouveaux constituants des films plastiques destinés au contact alimentaire, les pouvoirs publics ont estimé nécessaire de fixer les règles dans l’intérêt de la santé publique et de l’environnement.
Cependant, il est aujourd’hui extrêmement difficile d’obtenir des renseignements sur la nature et les propriétés des constituants des sachets plastiques destinés à contenir des denrées alimentaires. On peut s’interroger alors sur les risques liés à une consommation de substances toxiques à faibles doses. Face à l’absence de réponse, et dans un monde en évolution rapide, la prudence s’impose.
En effet, depuis longtemps les pouvoirs publics ont privilégié la stratégie de prévention ; mais l’apparition de nouveaux constituants des sachets plastiques qui, du reste, s’accroissent constamment au fil des années, engendre aujourd’hui de nouveaux risques qu’il n’est pas toujours possible d’appréhender dans l’immédiat ou à court terme.
Néanmoins, pour appliquer le principe de précaution : « vaut mieux prévenir que guérir » , les industriels de l’agro-alimentaire devront tout mettre en œuvre pour surveiller attentivement les éventuelles migrations de substances nocives du sachet plastique vers la denrée alimentaire.
Ce principe de précaution s’entend surtout pour le couple indissociable « contenant – contenu », dont on n’est jamais trop attentif à son comportement lorsqu’il s’agit d’obtenir une denrée alimentaire gardant ses qualités physico-chimiques et organoleptiques.
Toutefois, l’inertie chimique du sachet plastique est une donnée dont la vérification est particulièrement délicate. De plus, elle n’est jamais totale et les phénomènes d’interactions entre le sachet plastique et le produit alimentaire contenu prennent souvent une ampleur considérable du fait de la relative lenteur de la migration des substances chimiques vers la denrée alimentaire.
II/- INTERACTIONS CONTENANT-CONTENU:
La compatibilité alimentaire entre le sachet plastique et le produit alimentaire contenu résulte des interactions entre trois composants :
1/- le produit alimentaire
2/- le sachet plastique
3/- et l’environnement
Trois types d’interactions existent :
1/- la migration de constituants du sachet plastique dans
le produit alimentaire ( Migration in )
2/- la migration de constituants du produit alimentaire
dans le sachet plastique (Migration out)
3/- l’échappement de certains constituants volatils
(arômes) du produit alimentaire ou la pénétration
d’odeurs étrangères, dû à la perméabilité du sachet
plastique.
Les règles régissant la migration et la perméabilité sont de même nature, mais le législateur ne s’intéresse qu’à la migration in, en raison des risques de toxicité qu’elle peut entraîner.
Les sachets plastiques destinés à contenir des denrées alimentaires sont aujourd’hui des plus variés et exigent de nombreuses et délicates études de compatibilité alimentaire.
De plus, la diversité de leurs caractéristiques, toujours associée à des adjuvants, fait apparaître l’importance de la résistance chimique qui est déterminante dans le choix du couple « contenant-contenu ».
A cet effet, le sachet plastique doit être inerte vis à vis de la denrée alimentaire et ne doit pas céder à l’aliment des quantités infimes de monomères et d’adjuvants de fabrication tels que : stabilisants, lubrifiants, colorants, anti-oxydants, anti-statiques, etc…La diffusion de certaines de ces substances ne doit pas non plus modifier les flaveurs de l’aliments (saveurs, arômes, odeurs), ni favoriser la croissance de micro-organismes.
Le sachet plastique doit assurer donc une fonction de protection de la qualité du produit alimentaire contre les agents extérieurs d’altération chimique, biochimique et climatique , associée à une obligation d’innocuité et d’inertie vis à vis de la denrée alimentaire.
Par ailleurs, les interactions entre le sachet plastique et le produit alimentaire contenu sont inévitables et complexes.
Il apparaît donc que les questions d’interactions entre le sachet plastique et le produit alimentaire contenu sont encore relativement mal connues ; et que les nombreux travaux de recherche réalisés dans ce domaine doivent se poursuivre, notamment pour les substances chimiques récemment réputés toxiques, ce qui permettra de prévenir tout danger dû à une migration et donc de contamination potentielle de la denrée alimentaire.
Aussi, il est bon de rappeler que l’utilisation inappropriée des sachets plastiques a été souvent à l’origine de contamination par le seul contact avec le produit alimentaire, ce qui a engendré des répercussions négatives sur la qualité de la denrée alimentaire et sur la santé du consommateur.
III/- MIGRATION ET TOXICOLOGIE:
Il est évident que pour assurer une sécurité alimentaire optimale dans une démarche prenant en compte à la fois l’aspect scientifique et les impératifs industriels, un choix judicieux des études toxicologiques en relation directe avec le taux de migration spécifique des constituants des sachets plastiques doit être cohérent.
En théorie, un sachet plastique idéal possède une parfaite inertie chimique et permet au produit alimentaire contenu de garder ses caractéristiques d’origines.
Pour mieux cerner l’inertie chimique des sachets plastiques vis à vis de l’aliment, deux types d’essais sont aujourd’hui réalisés :
1/- essai de migration globale (ou le transfert de l’ensemble des substances mobiles dans l’aliment),
2/- essai de migration spécifique (ou le transfert d’une substance toxique dans l’aliment).
Actuellement, la limite acceptable de la migration globale qui coïncide avec le risque physiologique est de 60 ppm ou 60 mg/kg de nourriture. En d’autres termes, si le sachet plastique d’un kilogramme de nourriture a une surface de 6 dm2 , on ne peut admettre une migration globale supérieure à 10 mg/dm2 .
Si aujourd’hui, la migration spécifique permet une meilleure évaluation du risque toxicologique, il y a lieu de noter que l’approche toxicologique du problème des substances chimiques migrant du sachet plastique vers l’aliment est marquée par deux constatations immédiates :
1/- la difficulté de connaître la nature exacte substances migrantes par rapport à celles susceptibles de migrer.
2/- la difficulté de déterminer avec précision cette migration
Cependant, les valeurs de migrations spécifiques aussi imparfaites qu’elles puissent être, permettent de donner deux indications immédiates :
1/- l’évolution de la qualité de protection du sachet plastique dans le temps,
2/- les quantités de substances chimiques définies susceptibles de migrer vers l’aliment et donc d’être ingérer.
Les nouvelles exigences , essentiellement sanitaires , font appel aujourd’hui à des méthodes de contrôle sophistiquées et très sensibles , utilisant des appareils onéreux et un personnel hautement qualifié.
En outre, la tendance vers une plus grande pureté des constituants des sachets plastiques destinés à contenir des aliments, constitue de nos jours la principale exigence de la compatibilité du sachet plastique avec le produit alimentaire contenu, et de ce fait les sachets plastiques destinés à contenir des produits alimentaires doivent apporter la preuve de leur innocuité pour être autorisés légalement.
Enfin, il y a lieu de noter que les encres et les matières colorantes utilisées dans la fabrication des films plastiques constituent une partie intégrante du sachet plastique destiné à contenir des denrées alimentaires et doivent être par conséquent conformes aux exigences réglementaires.
IV/- CONCLUSION:
Face aux évolutions du marché des sachets plastiques dans les différentes parties du monde, la conjoncture économique et écologique actuelle exige une parfaite connaissance de la composition du sachet plastique et du degré de pureté de ses constituants chimiques.
Toutefois, l’altération ou la contamination d’une denrée alimentaire n’a pas toujours un caractère intentionnel, elle est souvent imputable à de mauvaises conditions d’hygiène au cours de la fabrication, du stockage, du transport ou de l’exposition à la vente.
Enfin, la réglementation ne saurait résoudre tous les problèmes en matière de sécurité alimentaire, une vigilance permanente est nécessaire. De plus, le risque toxicologique lié aux phénomènes de migrations des substances toxiques dans la denrée alimentaire ne sera jamais totalement maîtrisé, dans la mesure où la toxicologie n’est pas une science exacte.

principaux adjuvants dans les sachets plastiques:
1/- lubrifiants internes : stéarates de butyl, acides palmitiques et stéariques, oléamines. Ils facilitent le moulage et rendent les surfaces lisses et brillantes.
2/- colorants : Ils confèrent un bel aspect. Leur taux usuel doit être inférieur à 1 % . Parmi les colorants on distingue :
* pigments minéraux : oxydes métalliques de Cd, Cr, Fe, Mb, Ti, …etc.
* pigments organiques : diazoïques, noir de carbone, bleu et vert de phtalocyanine.
3/- anti-statiques : alkylphénol, alkylsulfonate, ammonium quaternaire, dérivés aminés et amidés. Ils dissipent l’énergie électrostatique en accélérant la décharge.
4/- anti-oxydants : aminés aromatiques, dérivés phénoliques. Ils lutent contre l’oxydation thermique ( U.V, O2 , O3 , autres oxydants ). Leur taux usuel doit être inférieur à 5 % .
5/- démoulants ( lubrifiants externe ) : cires, paraffines, stéarates, aérosols siliconés et fluorés. Ils facilitent la séparation du moule.
6/- anti-UV (stabilisants lumière) : noir de carbone, benzophénones, complexes organo-métalliques. Ils empêchent ou retardent la dégradation photo-chimique.
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